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Vigilance

Ne jamais s’endormir. Parce que la place de l’art dans l’espace public, et plus largement celle de toute création artistique, n’est jamais acquise. Elle demeure fragile et, aujourd’hui plus que jamais, elle exige notre vigilance, notre engagement et notre capacité à défendre ce qui nous rassemble.

À l’heure où s’ouvre cette saison d’automne, nous voulons croire que les tensions peuvent s’apaiser et que l’espace public continuera d’être un lieu de rencontre, de dialogue et de création.

Cette nouvelle programmation s’inscrit pleinement dans cette conviction. Art’R invite sept compagnies aux univers singuliers et poursuit son exploration de nouveaux territoires, de la forêt de Clamart à l’Espace périphérique. Toujours avec cette même exigence : penser des oeuvres en résonance avec les espaces qu’elles habitent et avec celles et ceux qui les traversent.

Plus que jamais, nous affirmons la nécessité de rester présents, attentifs et solidaires. Car faire vivre l’art dans l’espace public, c’est défendre une certaine idée du collectif, de la liberté et du partage. Cette saison est une invitation à se retrouver, à se laisser surprendre et à ne jamais cesser de faire vivre ces espaces de liberté que la création ouvre à chacune et chacun.

Trois contes et quelques

« Il était une fois, mais une seule fois, ou plusieurs fois, ou c’est tout le temps, ça se répète, tout le temps ça se répète. » Ainsi commence Trois contes et quelques d’Emmanuel Adely, réécriture décapante des Contes de Perrault. Chez lui, Peau d’Âne se transforme en Peau d’Huile, Le Petit Chaperon rouge devient Lou, enfant menacé d’éternels prédateurs, Barbe Bleue est un serial lover courant de yacht en palace. Passant d’un conte à l’autre avec un plaisir malicieux, les deux comédiens enchaînent travestissements et clins d’œil aux réseaux sociaux, tandis que Perrault veille, impassible, en costume d’époque. Une pièce tragi-comique et férocement drôle.

Après le lac

Après le lac nous embarque dans une représentation théâtrale et visuelle protéiforme au cœur d’une forêt, pour une expérience immersive en mouvement entre lumière diurne et nuit qui s’installe profondément. Nous découvrons l’histoire de Petite Boîte d’Os, fille d’un pasteur, que l’on suit de sa naissance à ce que l’on peut croire être sa mort. Elle évolue à travers un monde étrange et fantastique, à la lisière de l’espérance, dans un ancien village recouvert depuis longtemps par la forêt.

 

PELAT

PELAT est une proposition qui brouille les frontières entre la danse, le cirque, le théâtre et la performance, entre le public et le spectacle. Une révision naturelle des techniques artisanales et des souvenirs. Un spectacle changeant et unique, fruit de l’interaction avec le spectateur. PELAT retrace un projet antérieur, et de manière particulière, pour retrouver l’aspect des œuvres réalisées à la main et sans moyens technologiques, un dialogue entre l’homme et l’objet qui, à partir d’un geste, laisse place à l’imaginaire pour partager des expériences et des responsabilités, dans un rituel éphémère.

Le temps d’une balade, “Où” propose de regarder les rues et les façades en les teintant d’un nouvel imaginaire. S’inspirant des forces qui agissent dans la construction d’un bâtiment, trois acrobates explorent une architecture des corps en écho avec la ville. Jeux de lignes, de cadres et de perspectives. Les portés acrobatiques et le mouvement investissent l’espace public et deviennent prétexte à partager un moment complice, contemplatif et doux : Lever les yeux, ralentir le pas, ouvrir d’autres portes… Ici, nous aurons désormais partagé un moment ensemble, sans pourtant nous connaître.

DANS LE CADRE DE L’ASSOCIATION D’IDÉES POUR L’ESPACE PUBLIC
Avec Le Moulin Fondu, Oposito – CNAREP à Gonesse (95)

Depuis 2014, Art’R, saison et lieu de fabrique itinérant pour les arts de la rue à Paris (75) et Le Moulin Fondu, Oposito – Centre national des arts de la rue et de l’espace public à Gonesse (95) s’associent pour développer des actions d’accompagnement de projets artistiques dédiés à l’espace public. En 2026, il s’agira de la dernière création de la horde dans les pavés, avec BERCEUSES (GANG).


Création 2026

BERCEUSES (GANG)

Après une résidence accueillie lors de la saison printemps, BERCEUSES (GANG) est de retour cet automne. Le spectacle se penche sur l’adolescence et autour d’un conte : ce soir, un groupe d’adolescent.e.s se réunit. Suite à la disparition d’une des leurs, iels ont mis en place un rituel lumineux pour lui rendre hommage. Mais ce soir-là, une proposition remet en question l’équilibre du groupe : c’est l’occasion de déchirements, de remises en question, de fuites en avant mais aussi d’acceptation de la lumière, de retrouvailles apaisées et de chants dans la nuit.

[THE FRAME]

[THE FRAME] est une invitation à s’arrêter, a observer, a fixer le regard sur ce qui n’est apparemment pas intéressant. Une occasion de regarder dans les yeux de l’autre. Un espace pour comprendre certaines choses, pour se réjouir des actions inattendues. Un hommage au présent et à la vie quotidienne. UN APPEL À L’IDENTIFICATION, À LA SENSIBILITÉ, À L’EMPATHIE.

 

PLAYBACK FM Volume 2 (les médias, vous et moi)

PLAYBACK FM Vol. 2 (les médias, vous et moi) va directement à la rencontre du public et lui demande : « Quel souvenir médiatique a marqué ta vie ? ». Avec cette question comme point de départ, l’équipe a collecté les témoignages d’un large public francophone, volontaire et anonyme. Les réponses convoquent des souvenirs aussi variés que les participant.es aux interviews. Radio, télévision, presse, film, jeux vidéo… Chaque personne nous livre son souvenir intime et, avec lui, son âge, ses relations, et surtout, sa manière unique de s’exprimer. A partir d’un montage sonore original des interviews, réincarnées sur scène dans un playback millimétré, nous creusons ensemble, avec le public, la problématique du Volume 1 : comment les médias nous apprennent (trop bien) à parler ?

Création 2026

88 avenue de la République

88 avenue de la République pose dans l’espace public la question du droit au logement. Deux femmes racontent les destins imbriqués des habitants d’un immeuble miniature pour montrer que le logement n’est pas une marchandise comme une autre. Tragi-comiques, elles nous emmènent de la rue à l’hébergement d’urgence, de l’avis d’expulsion au tribunal, de la chambre où pointe le soleil à la cuisine, traversant des espaces de vie, à la recherche du bonheur d’habiter ensemble.

 

 

 

Ma joie comme tranchée

Ma joie comme tranchée c’est la douceur de nos présences comme base, comme socle, comme point de départ. Pour laisser monter la colère, la dire devant toi parce que j’ai bien le droit. Laisser échapper parce que c’est impossible à retenir, des salves, parce que ça fait du bien, parce qu’on en a besoin, parce qu’elles sont légitimes et que ça va peut-être nous sauver de ce qui vient, de les laisser sortir… C’est une pièce de théâtre pour 4 interprètes, 100 spectateurs ou spectatrices et de la fumée. Beaucoup de fumée. C’est protéger nos joies avec les dents s’il le faut. C’est comment on n’abandonne pas. On n’abandonnera pas.

 

Kamchàtka

Huit personnages perdus dans la ville, chacun avec sa valise. Voyageurs ou migrants ?
Ingénus, curieux, les émotions à fleur de peau, ils ne connaissent pas nos normes, nos règles, notre mode de vie. Leur jeu est si subtil qu’il se confond avec la réalité. S’ouvre alors un espace de dialogue, où le spectateur devient acteur de l’échange et de l’expérimentation.
Kamchàtka n’est finalement qu’un miroir : celui de nos comportements face à l’Autre, l’Etranger, le Différent. Allons-nous construire le futur avec les Kamchàtka ou les rejeter ?